Passer la
douane mexicaine peut en soi être une aventure.
Ainsi depuis Brownsville (TX) où tu peux choisir
de la passer à pied (10 min. à partir du
terminal Greyhound) ou à l'intérieur de
ton autobus. Dans les deux cas, on te fera présenter
bagages et passeports. La ressemblance s'arrête
pourtant là ! Si en effet tu choisis le bus, tu
te verras parqué dans un secteur particulier de
la douane. En compagnie de tous les passagers, tu devras
vider le véhicule de son contenu et déposer
ce qui t'appartient à l'endroit que l'on t'indiquera.
Puis tu te rendras dans une salle spéciale où
tu attendras d'être appelé. Tu comprendras
vite que ces contrôles prennent du temps : les douaniers
sont en effet chargés de repérer les illégaux
qui se rendent au Guatémala et au Honduras (en
particulier) et de les refouler ou ... tu verras plus
loin l'autre solution. Enfin tu entendras ton nom. Tu
ne sauras certainement pas immédiatement pourquoi
on te dira qu'il te faut un visa (en effet, lorsque tu
t'étais renseigné, on t'avait assuré
que les Suisses n'en avaient pas besoin pour le Mexique).
Puis tu comprendras qu'on te parle ici d'un tampon de
l'immigration (lequel te donnera droit à une carte
de séjour pour touristes, gratuite si tu viens
en avion, 200 pesos si tu te rends dans le pays par tout
autre moyen). Le meilleur de ton passage au Mexique arrive
: une fois réglé le problème de tes
papiers, tu reviendras vers tes bagages. Un inspecteur
des
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douanes (c'est leur titre)
te posera les questions usuelles : Drogues ? Alcool ?
Cigarettes ? Armes ? Il décidera alors si tu es
digne de passer sans contrôle ou non. Si tu passes
le cap de l'inspecteur, les employés des douanes
prendront tes bagages, tout en te demandant un "tip"
(sorte de pourboire). Gare à toi si tu ne le donnes
pas : tes bagages seront impitoyablement fouillés.
Et si quelque chose est découvert (et tu peux être
certain que ce sera le cas), attention à l'amende.
Laure s'en est quant à elle sortie avec "nous
n'avons pas de pesos" ... ils ont dû s'apercevoir
qu'elle ne connaissait pas la "règle".
Mais tu comprendras que cette pratique permet que nombre
de bagages passent la douane sans contrôle : tu
donnes un "tip" et on ferme les yeux sur ce
qui t'accompagne ... Ne croit pas que "l'inspecteur"
n'est pas impliqué : c'est lui qui reçoit
la plus grosse part de l'arrangement ! Et il en est de
même pour ce que je disais des illégaux :
tu donnes quelque chose (de conséquent, ici) et
on n'oublie que tu n'avais ni papiers, ni visa. Tout cela,
nous le tenons d'un "illégal" hondurais
et de son ami guatémaltèque (illégal
également) avec qui nous avons fait une partie
du voyage au Mexique. Grâce à leur "don",
ils ont pu sans soucis traverser un pays qui leur était
en principe interdit. Comme disait Muset à propos
des pièces de Molière : "On en rit
alors qu'on devrait en pleurer !".
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