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Yverdon-les Bains, Suisse, le 29 décembre 2008,
Cela fait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé, n'est-ce pas. La dernière fois que je t'écrivais, je t'annonçais un événement heureux. Non, pas ce à quoi tu penses. Rappelle-toi. Il s'agissait de l'achat de quelque chose d'important. Toujours pas ? Bon, alors disons que nous y sommes bien installés. Depuis un mois maintenant, nous sommes revenus là d'où nous sommes partis. Ce n'est pas tant que Lausanne ne nous plaisait plus, mais une opportunité s'est présentée et nous l'avons saisie. Nous avons donc acquis un appartement. Oh, rien de forcément définitif, mais un endroit calme, dans lequel il fait bon vivre déjà. Quelque chose à mille lieues de ce que nous avons connu en voyageant. Et dont le décalage nous rappelle à quel point nous vivons une vie de privilèges. Non pas que nous culpabilisions pour autant. Ou alors disons, pas toujours, mais c'est une chose que de vivre une réalité tandis qu'en parallèle se déroulent mille autres que nous comprenons désormais et, d'une certaine manière, partageons. Les inondations au Guatemala, le séisme au Sichuan, les élections en Argentine, l'ouverture de la route himalayenne entre l'Inde et la Chine, la baisse des cours sur le marché des céréales, ... tant de choses qui ont désormais une signification réelle pour nous. Qui ne sont plus des mots dans un journal ou des images sur un écran. On sombre presque dans la niaiserie ici, mais pourtant je parle bien de ce que je sens. Plus seulement de ce que je projette de manière déformée, passée au filtre d'une quelconque analyse pseudo-rationnelle. C'est que, dans le confort douillet que nous construisons ces jours en nous abrutissant un peu de certitudes, c'est finalement rassurant de douter. Ca attise la mémoire, met en relation, suscite la résilience, permet de faire des liens. Ca fait vivre, quoi ! Y a-t-il mieux pour des vœux ? Que 2009 soit l'année du partage ! Ou ne soit pas ? Allez, bonne et heureuse !
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Voilà un pays étonnant dans le sud-est asiatique. Loin du tumulte humain et du changement permanent de ses voisins, Thaïlande en tête, le Laos a gardé une atmosphère unique. Hors du temps, presque. La vie semble s'y écouler plus lentement qu'ailleurs. S'il devait y avoir un Vilcabamba (la fameuse vallée des centenaires) en Asie, elle se trouverait ici, dans une région de ce nord du pays. Entre montagnes et vallées, ses paysages ondulent, parés des mille verts de la forêt tropicale et des feuillages bénis d'une humidité parfois opressante. On se sent bien ici. Accueilli avec une curiosité jamais malsaine et très rarement intéressée, on prend plaisir à expérimenter la découverte mutuelle avec l'Autre. Peut-être moins qu'ailleurs, on se sent touriste-voyeur. Certainement parce que les habitants du Laos ont l'art d'ouvrir leurs portes aussi grandes que leurs coeurs, pour le seul plaisir d'échanger des sourires et quelques paroles. J'ai des bouffées d'émotions rien que de me repasser en mémoire les visages illuminés des Laotiens ! >>
 C'est presque une honte de consacrer un chapitre entier au peu de temps que nous avons passé au Cambodge. Pourtant, même si nous nous sommes focalisés sur un seul aspect de l'histoire du pays, et que nous avons partiellement éludé ce siècle et le dernier, nous avons infiniment envie de partager une expérience unique. Parce que voir Angkor et replonger dans ce qui reste de l'empire Khmer, ça donne envie de communiquer. Ca ressemble à ce que nous avions vécu en Amérique centrale : le contact direct avec les ruines des grandes civilisations perdues nous rappelle à notre petitesse, à notre insignifiance. ça fait du bien, l'humilité ! >>
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