Après les multitudes
du Guatemala - diversité des cultures, des paysages,
des climats, etc. - la découverte du Salvador est
un choc abrupt. Les différences sont immédiatement
perceptibles dès le franchissement de la frontière.
Ici, pas de Mayas (qu'ils soient Ixil, Tzutuhil, Quiche,
Mam, ou quelqu'autre des 23 ethnies du Guatemala), mais
des
mestizos (qui se réclament d'une descendance
directe - et réelle en fait - des Espagnols). Pas
de
corte non plus (robes traditionnelles portées
par plus de 85% des femmes guatémaltèques),
mais des vêtements tels que l'on en voit en Europe
... portés plus courts cependant. Pas de jungle,
puisque la culture extensive du café a eu pour
corollaire une destruction pratiquement totale des forêts
du pays. Et puis, pas de dissemblances météorologiques;
il fait partout très chaud, 35°C et plus, dans
ce pays que le soleil darde de rayons ardents. Tu te demandes
éventuellement maintenant en quoi le Salvador peut
bien être intéressant à comparer du
Guatemala. En premier lieu, il faut mentionner que le
pays dispose de sa part de volcans (plus de 25) et de
centaines de montagnes. Il renferme également un
certain nombre de plages (pas toutes belles hélas)
sur lesquelles s'abattent certaines des plus grosses vagues
d'Amérique centrale. Enfin, chaque ville ou presque
abrite des quartiers ou des maisons coloniales de toute
beauté. Mais plus que la contrée elle-même,
ce sont ses habitants qui en font une destination absolument
unique. Impossible de ne pas tomber en admiration devant
la générosité et l'amabilité
des Salvadoriens. Nous avons véritablement vibré
d'affection pour toutes les personnes dont nous avons
croisé le chemin ici.
Nous sommes pourtant arrivés dans le pays avec
les cerveaux remplis des informations négatives
du DFAE et des statistiques liée à la
criminalité. Un peu inquiets, nous avons même
changé notre
programme de voyage pour éviter la capitale le
premier jour, afin de nous familiariser un peu avec
le pays avant de nous rendre en son lieu réputé
le plus dangereux. Nous avons donc choisi de prendre
lorgement dans la seconde ville du pays : Santa Ana.
Et il faut avouer que nous nous y sommes sentis plus
qu'à l'aise, puisque nous y sommes demeurés
5 jours. La magnifique cathédrale néo-baroque
(achevée en 1905 seulement), les vieilles maisons
décaties que le soleil affadit un peu plus chaque
jour,
les différents bâtiments officiels témoins
de la déliquescence de cette cité au passé
glorieux nous ont envoûtés. De plus, Santa
Ana est une base commode pour visiter plusieurs volcans
et forêts humides relativement proche. Notre première
soirée au Salvador s'est déroulée
dans la Cafetín Central où nous
avons eu une très longue conversation avec Luis
Milgar, le patron. Son aménité a commencé
à mettre une sourdine à tous les signaux
d'alarme que nous avions allumés pour préparer
notre visite au Salvador.