En traversant le flanc
occidental du Nicaragua jusqu'à la capitale, nous
avons eu plusieurs chocs liés aux contrastes qui
se déroulaient sous nos yeux. Des montagnes verdoyantes
rivalisaient avec des sommets arides, des cultures fournies
avec des plateaux incultes et secs, des volcans recouverts
d'une dense végétation avec des cônes
parfaitement dénudés, des plans d'eaux énormes
avec des lagunes asséchées. Et nous ne parlons
ici que des paysages. En termes humains, les différences
se situaient au niveau des habitations : buildings (avec
peu d'étages toutefois) modernes, villas, maisons
coloniales, habitations en adobe, cabanes en bois ou en
tôle, toutes les classes sociales défilaient
sous notre regard à mesure que nous nous enfonçions
dans le pays. Nous avons immédiatement remarqué
que comme au Guatemala ou au Salvador, la répartition
des richesses au Nicaragua se calcule de manière
binaire. Tout ceci nous a remémoré la première
règle à garder en tête pour pouvoir
voyager en Amérique centrale (mais pas ici seulement,
bien entendu) : être prêt à accepter
le dénûment, l'indigence et l'injustice.
Après tous ces mois de voyage, nous ne gérons
toujours pas les émotions causées par ces
trois éléments.
Le premier jour de traversée nous a amenés directement
à Managua, la capitale. Arrivés en fin
d'après-midi, nous disposions de quelques heures
avant nos retrouvailles avec Annick. Sous la chaleur
torride du soleil de Managua (40°C), nous avons
visité plusieurs hôtels et défini
comment nous allions accueillir notre amie. Il a été
décidé que Laure attendrait là
où nous devions dormir (nous avions prévu
initialement une hospedaje qui s'est avérée
très laide : nous y avons déposé
un mot pour Annick lui indiquant le nouveau lieu de
rendez-vous) tandis que je me rendrais à l'aéroport.
Il y avait deux vols possibles depuis Miami dans lesquels
pouvait se trouver notre hôte. Je suis parvenu
au guichet des arrivées 10 minutes après
l'atterrissage du premier des avions. Pas d'Annick.
J'ai donc patienté jusqu'à 23h30. Dans
ce vol-ci non plus, pas d'Annick. Je suis rentré
en ville avec l'espoir que nous nous soyons croisés
... et effectivement, Laure et elle étaient déjà
dans les bras de Morphée lorsque je suis arrivé
dans la chambre. En bref, beaucoup de soucis pour une
réception foirée. Pourtant, une fois que
je suis rentré, tout le monde s'est réveillé
et nous nous sommes mis en joie de ces retrouvailles
.
Afin d'économiser le temps d'Annick
(13 jours), nous avions défini un itinéraire
du séjour assez précis. Le lendemain, nous
quittions donc la capitale pour retrouver les fraîcheurs
des forêts nuageuses du nord. Nous nous sommes en
premier lieu
