Une fois n'est pas
coutume, nous allons commencer notre chapitre sur le Panama
par un commentaire peu flatteur. Nous ne pouvons en effet
pas passer sous silence notre première expérience
de corruption de fonctionnaire. Donc, après avoir
laissé Puerto Jiménez et la jungle de Corcovado,
nous avons pris la route de Pasos Canoas afin de pénétrer
sur le territoire panaméen. Nous savions qu'un
certain nombre de papiers étaient nécessaires
pour passer la douane et, parmi eux, un billet de sortie
du pays (d'avion ou de bus). Mais nous pensions en toute
bonne foi qu'étant donné le nombre de tampons
dans nos passeports, et leurs dates, les gardes-frontières
nous laisseraient passer sans problème. De plus,
Canoas est réputée pour être une vraie
passoire. Et de fait, les échoppes et duty free
"officiels" sont si nombreux que l'on ne sait
jamais dans quel pays l'on se trouve. La difficulté
que touristes et nationaux ont à trouver les bâtiments
de l'immigration (des deux côtés) témoigne
du gigantesque marasme qui règne ici. Bref, après
avoir fait tamponner nos papiers au Costa Rica, nous avons
entrepris de passer au Panama. Le gentil fonctionnaire
n'a rien voulu savoir ... pas de billet de sortie : pas
d'entrée dans le pays. Un autre genre de billets
(dix dollars américains) glissé dans l'un
des passeports a remplacé les exigences de la loi
! On nous a signifié discrètement que ce
n'était pas assez et que vingt dollars seraient
plus appropriés. Mais comme les billets de bus
retour au Costa Rica en coûtaient trente, nous avons
adressé un refus poli mais ferme au douanier corrompu.
Selon toute vraisemblance, il a dû se dire que dix
valaient mieux que rien, puisqu'il a encré les
pages de nos documents officiels et nous les a retournés,
délestés du billet vert ... Un peu désolant
comme procédé, mais au final une bonne économie
pour nous, puisque nous n'avons pas eu à acheter
un ticket de bus pour rien.
En dehors de cette entrée en matière
particulière, il nous faut parler un peu des
spécificités du Panama. On ne compte en
effet pas beaucoup de pays sur notre planète
qui réussissent à contenir 2'280km de
côtes maritimes (atlantiques et pacifiques) dans
une superficie d'à peine 72'000km2. En ce qui
concerne la flore, le Panama n'est pas en reste par
rapport à tout autre pays puisqu'il possède
aussi bien des forêts nuageuses totalement vierges
au nord (plus encore que le Costa Rica, en fait) et
des forêts tropicales humides presque aussi riches
que celles de Corcovado au sud. Et pour la faune, un
seul exemple : 900 espèces d'oiseaux vivent ou
transitent par ce pays ... ce qui en fait l'un des plus
diversifiés au monde en ce qui concerne la gent
ailée. Le seul bémol est que beaucoup
de cette beauté intouchée de la nature
panaméenne est excessivement difficile d'accès.
Mais le visiteur se satisfera sans doute des nombreux
voyages dans l'histoire qu'il pourra faire ici. Lieu
de transit privilégié depuis la nuit des
temps, le territoire actuel du Panama a quelque chose
à raconter pour toutes les époques de
son passé. Et plus spécifiqument encore
pour les 150 dernières années, durant
lesquelles le pays est devenu ce que Simon Bolivar lui-même
décrivait comme "le centre du monde".
Quant à nous, nous avons commencé notre
visite par la ville de David, réputée
la plus chaude (en température) du pays. Effectivement,
l'air y est suffocant et il ne vaut la peine de s'arrêter
ici que si l'on a des achats à faire. Si ce n'est
pas le cas, il est préférable de se rendre
sans tarder à