Nous ne savions pas
en quittant Vancouver au matin du 18 juillet 2003 que
3'000 km nous attendaient avant notre retour, 10 jours
plus tard. Nous avions pourtant estimé les distances
d'après plusieurs cartes ... après vérification
pratique, notre erreur n'a porté que sur 1'000km.
Tout cela pour dire que le Canada, avec sa géographie
tourmentée, donne du fil à retordre aussi
bien à l'ingénieur civil qu'à l'usager
de la route. Mais quels paysages !!

Aussitôt
après avoir laissé les bord de mers tempérés
et "méditerranéens" de Vancouver,
nous avons pénétré dans une vallée
plutôt humide (Fraser Valley) semblable en plusieurs
points à notre vallée du Rhône. Nous
nous sommes une première fois stoppés près
des charmantes chutes "Bridal Veil", à
40 km de la ville. Nous avons ensuite effectué
un léger détour afin de voir le Fraser Canyon
et un pont suspendu du début du siècle dernier,
premier passage routier des compagnies marchandes dans
la région. En milieu d'après-midi, nous
arrivions dans la ville de Hope (traduis

: espoir ...); je te laisse imaginer de quelle ruée
Hope était la porte). La ville n'a hélas
conservé aucun des charmes qui ont pu être
les siens par le passé. Tu ne t'y arrêteras
donc certainement que le temps de faire quelque provisions;
en cela, tu réitéreras le rituel des prospecteurs
du 19ème siècle, qui faisaient eux aussi
une pause ici avant de monter dans le nord. Après
Hope, nous avons traversé le gigantesque parc provincial
de "Manning". Imagine 70'000 hectares de dense
forêt, 40 km de long sur bien plus de large, entrecoupés
de petits champs de bruyères et de lacs semi-alpins.
Un grand nombre de marches balisées peuvent être
effectuées ici. De multiples cours d'eau et des
champs de végétation basse entrecoupent
la dense forêt de conifères et ce faisant,
diversifient ce paysage étonnant. Finalement, sur
le coup de
20h30, nous avons décidé
de ne pas pousser vers la destination prévue (Osoyoos)
et de nous arrêter dans le village de Keremeos.
Ici, à environ 1300 mètres d'élévation,
pas un arbre sur les 2 flancs arides des montagnes qui
nous entouraient ... les ravages d'anciens feux ... mais
une verdure intense au fond de la vallée. Celle-ci
est en effet faite de plantations constamment arrosées
au moyen de pompes puisant l'eau d'une rivière
au flux persistant. Nous avons fait la courte connaissance
d'une tenancière de Bed and Breakfast (où
nous n'avons pas dormi : nous avions précédemment
pris une chambre dans un motel) dans lequel des antiquités
à vendre côtoyaient un menu que nous ne pouvions
déjà plus consommer (too late for this guys).
