Depuis des mois, nous nous réjouissions de visiter
la Bolivie ! Nous pensions en effet revivre là
le fabuleux choc culturel que nous avions ressenti jusqu'au
plus profond de nos tripes au sud du Mexique et au Guatemala.
En effet, plus du cinquante pourcent de la population
se réclame de souche native pure, qu'elle soit
issue des Quechuas, des Aymaras, des Guaranis ou de l'un
des dizaines de sous-groupes ethniques qui peuplent le
pays. Les traditions folkloriques, musicales ou vestimentaires,
les dialectes, l'agriculture ou l'élevage sont
autant d'échos du lointain passé de ce qui
constitue aujourd'hui le peuple bolivien. Pourtant, nous
ne pouvons pas dire que nous avons senti aussi intensément
que nous le pensions ce retour dans l'univers des coutumes.
Plus développée que la plupart des pays
d'Amérique centrale, la Bolivie est également
beaucoup plus touristique. En cela, elle a perdu une certaine
ingénuité. Le voyageur ne surprend plus.
Il fait souvent partie du paysage et contribue (lentement
il est vrai) à perdre tout ce qui reste de l'authenticité
des doctrines locales. Ne va pourtant pas croire que tout
sent la modernité : le choc a bien lieu, il est
simplement moins prononcé que ce à quoi
on pouvait s'attendre. Mais si le folklore est en lente
déliquescence et qu'il n'esbroufe plus (avec tout
de même quelques exceptions notables), l'hétérogénéité
de la population éblouit et rayonne à elle
seule. Et comme si cela ne suffisait encore pas, les multiples
environnements du pays viennent rappeler aux visiteurs
qu'il est l'un des quatre plus riches au monde en termes
d'écosystèmes. En résumé,
voilà un pays qui incarne à lui seul tout
le sémantisme du mot
diversité.
Après
les paysages planes du Paraguay et du Pantanal, nous
faisions toute une montagne d'enfin grimper dans les
Andes ... Il ne nous a fallu que deux jours et deux
nuits pour y parvenir. Nous avons en effet quitté
Corumba dès les problèmes de grève
réglés et avons rejoins la belle Santa
Cruz de la Sierra. Cette cité nous a plus rappelé
une riche provinciale brésilienne et nous avons
décidé de ne pas lui accorder trop d'attention.
Nous nous en sommes défaits après une
journée de visite et avons directement relié
Sucre, la capitale officielle. Après coup, nous
regrettons un peu de ne pas avoir vu les mission
s
jésuites qui se situent dans les alentours de
Santa Cruz; elles constituent un héritage unique
que nous aurions pris plaisir à connaître.
Mais dois-je encore le répéter, il faut
faire des choix ! Arrivés au centre névralgique
du système judiciaire et éducationnel
bolivien (la politique, l'économie et les richesses
se sont déplacées à La Paz il y
a bien longtemps déjà), nous avons immédiatement
goûté aux premiers effets du Soroche
(mal de l'altitude). A près de 2'800 mètres
au-dessus du niveau de la mer, Sucre a en effet
