Il est extrêmement
difficile d'être un touriste au Brésil. Non
pas qu'il soit ardu de le visiter, mais plutôt à
cause de la démesure du pays. En effet, le problème
insoluble qu'il pose au voyageur est celui du ... choix.
Car convenons-en, rares sont ceux qui disposent de six
mois ou plus pour aller à la découverte
d'une seule contrée. Or c'est bien là ce
qu'il faudrait compter pour avoir un aperçu réel
de ce qu'est ce pays qui recouvre la moitié de
l'Amérique du sud et qui abrite 50 pourcent de
sa population totale (une image te parlera peut-être
plus : le Brésil, c'est les Etats-Unis d'Amérique
sans l'Alaska -en termes de kilomètres carrés-).
Voici donc le problème qui nous a été
posé : comment rendre grâce à une
telle superficie en à peine un mois ? Rappelons
que nous étions tenus à ce délai
du fait de l'arrivée d'un ami suisse qui ne disposait
que de ce laps de temps pour son voyage. Et même
si nous avions de toute façon prévu de poursuivre
notre périple dans le pays après le départ
de Vincent, nous devions néanmoins planifier quelque
chose qui soit le plus intéressant et le plus cohérent
possible. Que faire ? Comment résoudre cette équation
? Une solution s'est

imposée
: le carnet des choix. En réalité, nous
nous en servions déjà depuis le Costa Rica,
mais ce n'est véritablement qu'au Brésil
qu'il a démontré son redoutable potentiel
sélectif ! Le procédé est simple.
En premier lieu, on détermine quel parcours est
réalisable en trente jours et trente nuits. On
passe ensuite à une lecture attentive des guides
de voyage afin de voir exactement ce qu'il y a à
visiter tout au long de la route qui a été
arbitrairement définie. Puis, à l'aide du
carnet des choix, on sélectionne ce qu'il est humainement
possible de faire en tenant compte de tous les moyens
de transports disponibles (et plus particulièrement
de ceux qui voyagent la nuit). Enfin, on procède
aux derniers ajustements nécessaires afin de combler
les éventuels blancs ... nous exagérons,
tu le penses bien. Mais à peine. Juge plutôt
: Santa Elena de Uairén (Venezuela) à Rio
de Janeiro en passant par la côte est du Brésil
en 30 jours ... Philéas Fog n'aurait pas fait mieux
! Plus sérieusement, maintenant. Il est vrai que
si nous utilisons effectivement le fameux carnet dans
tous les pays, nous n'avons jamais dû nous y tenir
autant que cette fois-ci. Je t'entends déjà
dire que nous aurions pu prendre plus de temps pour faire
les choses et moins courir ... si tu me dis cela, c'est
que tu ne connais pas le Brésil et sa richesse.
Tout ce qui suit devrait te démontrer que nous
avons agi justement.
Le 8 juillet, après le petit repos et les aléas
frontaliers que tu sais, nous sommes entrés au
Brésil. Nous voulions rejoindre la ville de Manaus
(au milieu de l'Amazonie) au plus vite afin d'y accueillir
Vincent le 9. Nous avons donc en premier lieu parcouru
près de 300 km en taxi ($ 7,- chacun) au
