A la lecture, tout
cela te paraît peut-être simple. Rappelle-toi
que nous sommes en Amérique du sud. Tout prend
du temps. Et ce qui n'en demande pas, ce qui
ne pose
pas de problème est douteux. Le soir venu,
après avoir enfin effectué nos derniers
contrôles, nous avons pu informer Elodie que nous
viendrions la rejoindre à Montevideo le lendemain
(elle avait déjà reçu un pré-avertissement).
Puis, nous sommes allés retrouver nos deux Suisses
(le troisième étant déjà reparti
pour le pays) rencontrés au Brésil et au
Pérou. Nous leur avions passé le bonjour
en début de journée dans un appartement
cosy (mais très chaud) qu'ils avaient loué
en plein centre et voulions marquer le passage en buvant
un petit orge fermenté en leur compagnie.
La nuit ne s'étant pas prolongée au-delà du raisonnable
pour nous (concernant Silvio et Jérôme,
c'est une autre histoire), nous nous sommes levés
d'un bon pied relatif pour embarquer dans le ferry qui
traverse le Rio de la Plata en direction de Colonia
(Uruguay). Une fois sur place, nous avons
pris
la connexion de bus et deux heures trente plus tard,
nous mettions les sandales sur le pavé montevideain.
Elodie était là. Laure et elle ont bien
résisté chacune de leur côté,
mais elles ont fini par lâcher ces larmes de joie
qui leur affleuraient les yeux depuis le début
de la réunion du clan. Après
un arrêt à l'université (où
Elodie devait participer à une répétition
en vue du passage d'examen de Chef de choeur d'un ami),
nous sommes allés nous installer dans son charmant
appartement en périphérie de la ville.
Le quartier où il est situé vaut d'être
qualifié de hâvre tranquille, avec ses
immenses érables dressant leurs ombres sur les
maisons basses et endormies; c'est le second endroit,
avec Quito, où nous avons vu des colibris (et
en grand nombre) agiter le ciel d'une capitale. Le soir
venu, en
compagnie de Theo - le fils d'Elodie -, nous avons fêté
les retrouvailles au moyen d'un plat bien de chez nous.
La fondue ? Non, la plupart des fromages uruguayens
ne s'y prêtent guère; ils comptent en revanche
parmi eux une Fontina qui donne d'excellents
résultats avec la raclette® (ou devrait-on
dire : fromage-fondu-raclé ?). Nous sommes demeurés
quatre jours avec eux deux. Le temps d'appréhender
une première fois la capitale et la culture uruguayennes.
Les traits principaux sont simples : lever tard, manger
tard, sortir tard et ... rentrer tard. Je caricature
un peu, c'est certain; Elodie par exemple ne répond
pas à ce schéma. Sauf le jeudi où
elle et son ami Bernardo prennent leur cours de tango.
Je ne résiste pas
à
une description; ce jour-ci, Elodie nous avait préparé
un programme : "A cinq heures trente, Bernardo
vous attendra au musée. Vous pouvez aller le
visiter avec lui si vous ne l'avez pas fait avant. Ensuite,
vous avez la possibilité d'aller boire un verre
dans les cafés du centre. Vous verrez, les rues
piétonnes sont sympas. Vers huit heures, vous
pouvez venir là où nous prenons le cours
de danse. Je vous rejoindrai avant neuf heures, parce
que c'est à ce moment que la classe commence.
A onze heure, le cours fini, on pourra aller boire l'apéritif.
Et ensuite on pourra aller manger. Qu'est-ce que vous
en pensez ?". Nous avons rétorqué
que tout ça nous
