Après la découverte
de ces
reducciones qui, d'un point de vue historique,
sont absolument uniques , nous avons poursuivi vers le
sud à destination de Encarnación. On ne
peut pas dire qu'elle soit la plus belles des villes que
nous ayons vues. Pourtant, elle recelle un certain charme
(et si on la compare à Ciudad del Este, elle est
un véritable Eden ...) pittoresque. Peut-être
plus facilement qu'ailleurs, il est possible ici d'observer
les Paraguayens dans leur vie de tous les jours, en particulier
entre 11h00 et 14h30 lorsqu'ils pratiquent leur sieste
officielle. Ce n'est pas une plaisanterie : durant ces
quelques heures, dans tout le pays, la vie s'arrête.
Et le niveau de pratique des habitants est tel qu'ils
fait passer les Mexicains pour de simples apprentis !
Même les Mennonites, qui ont la réputation
d'être des travailleurs acharnés ont adopté
ce rythme de vie ... Bref, nous nous sommes amusés
de voir ce peuple déambuler nonchalament le long
des avenues, bâiller de plaisir en s'étirant
sur un banc public, manger des glaces dégoulinantes
sous le soleil de midi, etc. Puis nous sommes allés
au marché. Nous étions en effet très
intéressés par celui d'Encarnación,
puisqu'il se situe dans les bas de la ville, qui sont
aujourd'hui menacés par l'élévation
du niveau d'eau d'un barrage

hydraulique
international. A tel point qu'à moyen terme, tout
devrait être englouti. C'est la raison pour laquelle
tout ce que la cité connaît de commerces
"qui rapportent" a deserté les quartiers
inférieurs pour s'installer sur les collines. Les
rues "populaires" n'en sont que plus intéressantes,
grouillantes, insalubres parfois, mais tellement vivantes
! Le clou de notre visite a été le passage
d'une locomotive à vapeur (d'époque ...)
servant au transport de bois et de charbon sur une ligne
unique qui traverse la ville d'est en ouest. Les guides
de voyage n'en parlent pas, mais il vaut la peine de s'attarder
une heure ou deux pour voir rouler ce vestige d'un autre
temps (l'horaire est très irrégulier, donc
patience). Hélas pour toi, lecteur, nous n'avons
pa pu tirer le portrait de l'engin ce soir-là !
Depuis
le franchissement de la frontière, nous nous
demandions ce que nous réservait Asunción,
la capitale du pays. Le moins que l'on puisse dire est
que nous avons été surpris. Pour une ville
de la taille de Zürich (avec la banlieue), elle
connaît une activité plus que médiocre.
Certes, nous sommes arrivés en fin de semaine
au centre d'une cité avant tout administrative.
Mais au centre tout de même ! Or, les rues vides
nous ont plus donné l'impression d'être
dans un film que dans un endroit réel. En fait,
peut-être as-tu vu le long métrage "The
Devil's Advocate" avec Keanu Reeves et Al Pacino.
Il y a une scène
