irréelle durant
laquelle Reeves se retrouve seul au milieu de Times Square.
Pas de trafic routier, aucune activité humaine,
rien ! Un peu comme si le personnage se retrouvait le
dernier homme sur terre après un cataclysme dont
il n'aurait pas lui-même eu conscience. Je ne peux
donner meilleure description de ce que nous avons vécu
et ressenti à Asunción ce week-end là.
Bien entendu, nous ne nous sommes pas retrouvés
absolument esseulés dans la ville ... mais presque.
Une seule rue a connu un peu d'animation, deux heures
durant : en face de l'office du tourisme (inutile, comme
déjà mentionné), nous avons assisté
à un concert donné par quelques groupes
paraguayens à l'attention des habitants de la capitale.
Passé ce moment de pure félicité,
la rue s'est vidée et tout a repris l'apparence
d'un énorme vacuum. Nous avons pourtant persévéré
dans notre effort pour aller à la rencontre de
la ville. En vain. Même les musées nous ont
découragés : deux français nous ont
raconté leur visite du musée national d'art
contemporain. Beuacoup de salles, mais seulement sept
tableaux. Le reste ayant été pillé
lors de la dictature militaire de Stroessner ! Finalement,
un charmant café littéraire et une longue
discussion avec le gérant de notre hôtel-pension
ont sauvé notre passage à Asunción.
Le premier nous a donné à voir un joli endroit,
aménagé avec goût, et dont la clientèle
consolait le consommateur de la qualité des boissons
servies. Le second nous a offert un point de vue intimiste
sur la vie des Paraguayens dans un pays miné par
la pauvreté et la corruption (lesquels ne sont
pas sans lien entre eux, puisque le FMI a refusé
son aide au Paraguay justement à cause de l'improbité
de ses politiciens). Le coeur et l'âme à
nouveau rendus humbles, nous avons quitté Asunción
le lendemain.
Nous voulions remonter vers le nord afin de visiter
un parc national (defensores del Chaco) d'une
très grande importance au niveau de sa biodiversité.
Malheureusement, trop d'embûches se sont dressées
devant
nous : impossibilité de se rendre sur place avec
les employés de la fondation qui supervise l'endroit,
transport et organisation privés hors de notre
budget, autorisations de visite difficiles à
obtenir auprès de l'administration centrale d'Asunción,
etc. Bref, nous nous sommes convaincus que tant de problèmes
signifiaient qu'il était écrit que nous
ne visiterions pas ce parc ! Mais puisque nous étions
sur place, nous désirions profiter des attractions
de cette région au climat si inhospitalier. Le
Chaco paraguayen fait partie, comme le Sertaõ
du Brésil, de ces zones dites semi-arides où
la végétation et la vie en général
sont si particuliers (pour ne pas dire difficiles).
Après avoir vu un aspect de ce