que peut être
l'existence dans ce type de climat (au travers du projet
Dom Helder Camara),
nous voulions voir comment s'en sortaient les agriculteurs
du Paraguay pour dompter cette nature revêche. Ce
qui nous a en premier lieu étonnés a été
de constater que les communautés qui cultivent
et tirent profit du Chaco ne sont pas les indiens guaranis
natifs de l'endroit. En effet, les Mennonites qui se sont
installés sur ces terres à partir de 1927
ont bien mieux réussi à s'adapter aux exigences
du 
climat que les indigènes (qui sont maintenant,
en partie au moins, leurs employés). De plus, la
culture de la terre a été limitée
à une production bien particulière qui laisse
le plus de terrain possible à l'élevage.
Le noyau de l'économie agricole de la région
est en effet bovin (et ovin, minoritairement). Les Holsteins
(au faible rendement de six à sept litres de lait
par jour) et les brahmas (destinées à la
boucherie) constituent plus du septante pourcent du revenu
de l'ensemble des agriculteurs du lieu. Deuxièmement,
nous avons été surpris de voir comme les
habitants étaient passés d'une distribution
très localisée à une commercialisation
internationale des produits. Pour terminer, nous avons
été frappés par la totale autonomie
de ces communautés Mennonites par rapport aux services
gouvernementaux (elles  possèdent
en effet leurs propres systèmes scolaire, médical,
financier, d'assurance, etc.). Que l'on soit pour ou contre
ce type d'organisations socio-religieuses, on est forcé
ici de voir les faits : le standard de vie des Mennonites
du Chaco est trois fois supérieur à la moyenne
du pays ! Bien entendu, ce résultat ne s'obtient
pas sans sacrifices et un oeil extérieur ne peut
s'empêcher de juger ce succès à l'aune
de la privation de nombreuses libertés. Mais il
n'en reste pas moins que notre expérimentation
des moeurs de la congrégation de Loma Plata est
peut-être le moment fort de notre séjour
au Paraguay.
Une
fois digérées toute ces découvertes,
nous sommes revenus vers le sud afin de nous rendre à
Concepción, la troisième ville du pays.
En chemin, à partir d'une bifurcation nommée
Pozo Colorado, nous nous sommes émerveillés
de l'avifaune de la région. Jamais jusqu'ici, nous
n'avions vu une telle concentration d'échassiers
(cigognes, Jabirus, tous les types de hérons et
d'aigrettes, etc.), de rapaces (des busards, au moins
sept espèces de faucons, des milans, des éperviers,
etc.), et même jusqu'à un ratite totalement
sauvage (un nandou). Nous nous sommes demandés
souvent depuis pourquoi les Paraguayens ne tirent pas
profit du potentiel touristique de cette richesse naturelle
si particulière (comme le font les Costariciens,
par exemple). Nous n'avons trouvé aucune réponse
...
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