
De
Concepción en revanche, nous avons très
peu à dire. Tout au plus est-elle un lieu relativement
moderne dans ce Paraguay au développement encore
tâtonnant. On y trouve quelques sympathiques glaciers,
deux cafés internet, un ou deux restaurants et
un hôtel confortable aux prix abordables (le "Frances").
En dehors de ceci, on peut également y admirer
la plus horrible des statues (selon nos goûts, bien
entendu) qui ait été offerte aux yeux du
public. Tu l'auras compris, ce n'est pas la ville pour
elle-même qui nous aura attirés en cet endroit.
Sa situation géographique la rend en revanche très
intéressante pour les voyageurs en route vers le
Pantanal brésilien : elle se situe à mi-chemin
entre Asunción et la frontière, que ce soit
par voie terrestre ou fluviale. Or c'est précisément
pour cette raison que nous sommes venus ici. Nous voulions
emprunter l'un des bateaux qui remontent le Rio Paraguay
afin d'entrer au Brésil via l'une des villes frontières.
Mais choisir de faire quelque chose ne veut
rien dire ici. Encore faut-il que cela soit possible.
Dans le cas présent, deux options nous étaient
offertes : nous pouvions emprunter le Cacique II
jusqu'à Puerto Valle Mi (Paraguay) à partir
de laquelle, c'était l'inconnu. Ou nous pouvions
monter sur le Aquidabán à destination
de Bahía Negra et débarquer proche de
la ville brésilienne qui nous intéressait,
Porto Murtinho. Bien entendu, aucun de ces deux rafiots
ne disposaient d'un horaire absolument ferme et il était
malaisé de déterminer seulement le jour
du départ. Nous avons finalement pu savoir que
le Cacique II était en principe prévu
pour le lendemain à 13h00. Tant pis s'il ne devait
nous conduire que partiellement vers notre but, au moins
nous pourrions nous en approcher. Ce n'était
pas la première fois qu l'Imprévu se dresserait
devant nous durant ce voyage. Le moment de partir fixé,
il nous fallait encore régler quelques formalités
administratives : il nous fallait faire estampiller
nos passeports d'un tampon de sortie du pays. Et comme
nous n'étions pas certains de trouver un office
de l'immigration dans les villes/village en bordure
du fleuve (en fait, nous étions sûrs de
n'en rencontrer aucun), nous avions résolu de
nous rendre à celui de Concepción. Bien
que la ville se situait à deux cents kilomètres
de la frontière la plus proche, nous pensions
en toute bonne foi qu'une cité portuaire comme
celle-ci devait disposer d'un office quelconque. Les
quelques habitants interrogés nous ont découragés
sur ce point ... En désespoir de cause, Laure
est allée demander à un policier en faction
ce qu'il était possible de faire ici. Après
lui avoir posé quelques questions semi-suspectes,
le pandore a fixé un rendez-vous à Laure
pour l'après-midi, en lui indiquant qu'il allait
voir "ce qu'il pouvait faire". A l'heure préscrite,
nous nous sommes rendus - en couple - au lieu de rencontre.
L'agent nous a demandé d'attendre quelques instants,
le temps pour lui d'aller chercher un "ami".
Il a enfourché une moto pour parcourir quelques
centaines de mètres (nous l'avons suivi du regard),
a frappé à une porte, puis est revenu
accompagné d'un suant