ventru aux allures de fonctionnaire sans cravate. Le bedonnant a alors pris la parole pour nous poser les questions d'usage (nationalité, durée du séjour dans le pays, direction prévue, etc.). Puis il nous a demandé de lui remettre les passeports afin qu'il aille les faire tamponner. Je lui ai poliment signifié que j'allais le précéder avec les documents, mais qu'il n'était pas question que je les lui remette ainsi. Il a poursuivi en disant qu'il n'y voyait pas d'inconvénient, puis nous a demandé si nous avions les cent dollars nécessaires ... l'arnaque fleurait jusqu'à mes narines ... je lui ai rétorqué que nous n'étions ni Américains, ni Canadiens (ces nationalités ont besoin d'un visa pour le Paraguay, et il coûte justement cent dollars) et que nous n'avions rien à payer. L'entripaillé a terminé la discussion en nous fixant un autre rendez-vous, à notre hôtel, lors duquel il allait estampiller nos passeports. Nous n'avons rienConcepción, Cacique II dit, mais n'en avons pas moins pensé. La réceptionniste du "Frances", que nous avons interrogé ensuite sur toute cette affaire, nous a dit sans vergogne que nous n'aurions jamais dû nous adresser à un policier, et qu'aucun Paraguayen ne demandait quoi que ce soit aux "forces de l'ordre" ...

Cacique II, AlainLe lendemain, incertains de notre avenir de touristes, nous embarquions sur le Cacique II pour près de trente heures à bord. Une fois encore, nous avons été surpris par la qualité du transport : le bateau était vieux et branlant, mais nous avons disposé d'une cabine avec lit-électricité-ventilateur, les cafards couraient sur les rembardes, mais on nous a offert les repas ... En dehors de l'aspect original de cette traversée, nous ne la recommandons pas forcément. Nous n'avons en effet pas vu trace des oiseaux que nous espérions observer, ni d'autres animaux d'ailleurs. De plus la vie des habitants des rives du fleuvePuerto Casado, production de cal n'est pas des plus réjouissante. Enfin, la traversée des frontières et postes militaires dans ces zones relèvent des travaux d'Hercule. En bref, un trajet que nous ne regrettons pas d'avoir fait, mais qui n'est pas à proposer aux âmes (et aux estomacs sensibles).

Le jeudi 26 août, nous débarquions dans la ville-frontière de Puerto Valle Mi et nous apprêtions à faire nos adieux au Paraguay. Le poste militaire que nous pouvions observer depuis le pont du bateau nous semblait un lieu particulièrement favorable pour obtenir les fameux tampons de sortie

 
 
 
 

 

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