dont nous avons parlé plus haut. Erreur ! L'officier en faction nous a signifié qu'il n'existait aucun poste d'immigration avant Isla Margarita (qui se situe en face de notre destination prévue). Nous avons alors cherché tous les moyens possibles pour nous y rendre. Seules deux choses étaient possibles : poursuivre sur la rivière en bateau privé (pour un prix de fous) ou passer au Brésil et rouler sur un chemin en terre jusqu'à Porto Murtinho et à nouveau traverser le fleuve jusque sur le côté paraguayen. Nous avons choisi cette (difficile) solution et sommes revenus au Brésil par la "petite porte" traversant le Rio Apa en canoë et sous l'oeil amusé des militaires, qui de toute évidence n'étaient pas habitués à voir des voyageurs en ce lieu. Ils nous ont toutefois réservé un accueil incoyablement chaleureux dans leur camp d'Ingazeira et nous ont offert toute l'aide possible pour nous permettre de continuer notre chemin. La plus proche douane se trouvait en effet à 80 km d'ici, dans la ville citée plus haut, et il fallait nous y rendre au plus vite afin de mettre nos papiers d'immigration en ordre. Après bien des péripéties, nous somme arrivés à bon port, mais pour apprendre que le lieu où s'estampillent les passeports allait être fermé durant deux jours. Le lendemain, nous avons à nouveau illégalement franchi la frontière en traversant le Rio Paraguay afin de légaliser notre sortie du Pagaruay. Mais pas de chance de ce côté-ci non plus. Le douanier nous a informé qu'il n'était pas un officiel de l'immigration. Qu'à cela ne tienne, nous lui avons demandé s'il voulait bien aposer un tampon de la douane dans notre passeport (nous avons ajouté à la main et nous-même la date de sortie). Avec ce seing inutile, nous sommes revenus, une nouvelle fois de manière illégale, au Brésil en espérant régulariser notre situation. Ceci n'a été possible que quelques jours plus tard, dans la ville de Corumba, à 350 kilomètres d'ici ...

Que retenons-nous du Paraguay après toutes ces aventures ? Que c'est un pays difficile à appréhender, que les gens y sont dans l'ensemble adorables, que la police y est contre-productive, que la nature y est apprivoisée et qu'il ne reste presque plus aucun lieu sauvage à découvrir, que la culture y est diverse mais qu'il faut se donner énnormément de temps pour pouvoir seulement la voir, que les différentes communautés que l'on peut observer sont à la fois accueillante et extrêmement renfermées sur elles-mêmes, que les inégalités sociales sont ici au moins aussi frappantes qu'au Salvador, mais que comme là-bas, elles n'entament pas la franche camaraderie avec laquelle tout étranger est reçu ! A visiter donc, mais pas en toursite, comme déjà évoqué !

 
 
 
 

 

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