Uros, bateauéchappe que difficilement. Et il faut avouer que si tu as un peu le sentiment d'être au zoo (d'où le malaise), tout ce que tu visites revêt un intérêt culturel important. Au prix d'une partie de notre conscience, nous avons donc décidé de passer outre nos réticences et de participer à ce qui (hélas ou tant mieux ?) est devenu la plus importante source de revenus des gens qui vivent sur le lac. Le tour commence par un débarquement sur l'une des îles flottantes des Uros qui se trouvent en face de Puno. Historiquement, cette peuplade a créé ce mode de vie afin d'échapper à une forme d'impôt pré-Inca qui frappait ceux qui vivaient sur la terre ferme, de même que pour se mettre à l'abri de peuplades hostilesUros, ibis. Aujourd'hui, on sent bien que les habitants sont en attente de leur inexorable fin. Nous n'avons pu réprimer une immense tristesse au spectacle de tant d'ingéniosité désormais rendue au rang de phénomène de foire. D'un autre côté, nous avons immensément apprécié de pouvoir connaître cette coutume unique. Cruel dilemme, n'est-ce pas ? Comment conjuguer déplaisir et curiosité concernant le même objet ? Nous ne savons toujours pas. Et lorsque nous repensons aux Uros, nous ressentons toujours cette espèce de chagrin dépité mâtiné de fascination. Ce sentiment s'estompera peut-être un jour, lorsqu'ils seront devenus maîtres de leur tourisme, et non plus esclaves des Tour Operators.

Amantani, costumesNous avons ensuite laissé les îles flottantes pour les vraies et nous sommes rendus à Amantani afin de passer l'après-midi et la nuit dans une famille Aymara. Le moins que l'on puisse dire est que le sentiment d'inconfort n'a pas disparu. Pourtant, il a été possible cette fois d'avoir un échange un peu plus important (et encore, puisque tout étranger est traité ici avec quelque défiance). Nous avons par ailleurs participé à une "soiréeAmantani, vue traditionnelle" en costume qui empuantait l'artificiel, mais qui nous a au moins permis d'entendre une bonne musique andine et de voir les femmes du village s'amuser et danser. D'un autre côté, Amantani est un lieu privilégié pour voir la manière dont les peuples pré-Inca ont créé leur système de cultures en terrasses (qui subsistent d'ailleurs). Quant aux vues sur le lac depuis le sommet de l'île, elles sont absolument époustoufflante (mais il faut se lever tôt - 5h00 - pour les admirer). Après une longue promenade de bon matin, nous avons repris notre coquille de noix afin de nous rendre sur Taquile. Cette île est depuis de nombreuses générations spécialisée dans la fabrication de textiles. L'élément particulier est qu'ici seuls les hommes tissent. Les femmes quant à elles filent la laine. Plus touristique qu'Amantani, Taquile est également aménagée pour recevoir de nombreux visiteurs chaque jour. Mais paradoxalement, cet aspect commercial est moins choquant que dans d'autres lieux.

 
 
 
 

 

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