Nous avons vanté
maintes fois la diversité de la Bolivie. C'était
avant d'arriver au Pérou. Dans le domaine en effet,
il semble être roi. Ses jungles, ses cordillères
enneigées, ses canyons, ses déserts, ses
sites archéologiques de dizaines de cultures antiques,
etc. sont autant d'attractions différentes qui
expliquent pourquoi il attire des visiteurs de tous âges,
dont les intérêts divergent souvent de manière
radicale. Son niveau de vie général, sensiblement
plus élevé que celui de son voisin, fournit
une explication supplémentaire : l'infrastructure
urbaine et routière est plus aisée et sied
mieux au touriste moyen que les rigueurs boliviennes.
Ne va pourtant pas croire que les deux pays sont absolument
dissemblables. De nombreux paysages, climats, ethnies,
langages, etc. se retrouvent chez l'un comme chez l'autre.
Après tout, ils partagent les mêmes Andes,
la même jungle, le même altiplano. En fait,
il manque juste une côte maritime à la Bolivie
pour avoir une topographie et une géographie vraiment
semblable à celle du Pérou. Mais peut-être
que justement à cause de cela, celui-ci est-il
plus contrasté encore que son "analogue"
! Et en raison d'autres détails encore (jungle
plus virginale et donc plus impénétrable,
montagnes aux élévations supérieures,
gigantesques pampas semi-arides). Ces deux pays sont-ils
comparables, en fait ? C'est indéniable ! Simplement,
mille petites choses les singularisent et exigent une
visite de chacun. A bon entendeur ...
Nous n'avons pas été vraiment dépaysé
lors de notre arrivée dans le pays. Depuis la
douane bolivienne, nous avons longé le lac Titicaca
pendant près de deux heures jusqu'à la
ville de Puno. Les panoramas ont été aussi
superbes et variés que de l'autre côté
de la frontière : l'altiplano verdoyant, le bleu
électrique des eaux, les montagnes enneigées
dans l'arrière-plan, quelques petits villages
aux églises coloniales en ruine, des maisons
en adobe, des pirogues en totora (sorte de
paille de jonc). La ville non plus ne nous a pas présenté
de différence majeure. Tout au plus une rue piétonne
pavée et proprette comme nous n'en avions pas
vu jusqu'ici. Peut-être un peu plus de tourisme
étranger et un légèrement moins
d'habits traditionnels (et encore). Mais dans le fond,
rien
de marquant. Le lendemain en revanche, les choses ont
changé. Nous avions en effet décidé
de partir en excursion sur le lac afin de visiter trois
communautés différentes et de dormir chez
l'habitant. Ne va en revanche pas t'imaginer la grande
expédition : les tours sont rôdés
et tu auras bien de la difficulté à ne
pas te sentir stupide ou gêné lors de tes
visites, sis au beau milieu de ton troupeau ... pour
te donner une idée, le nôtre se nommait
"happy group" (terme que le guide prenait
un malin plaisir à scander souvent !) sans commentaire.
Mais enfin, cette excursion est presque un passage obligé
dans la région et tu n'y