le contraste était si choquant que nous n'avons pas même osé prendre un cliché à ton attention. En fait, nous étions passé d'une extrême à l'autre : d'une chambre meublée tout confort à quelque chose qui ne valait pas la remise du pire fort de montagnes qui trouent les Alpes ou le Jura suisse. Un misérable "hôtel" quoi, juste assez propre pour ne pas nous faire reculer d'horreur. A posteriori, c'était peut être une forme de purgatoire. Nous devions expier notre aisance du mois précédent en nous infligeant un cinglant retour à la réalité. Et quel meilleur moyen que celui de se louer une piaule, au-dessus d'un claque, où fauchés du pays et d'ailleurs traînent leurs guenilles et laissent leurs derniers deniers ? Mais le pire de l'endroit était peut-être le bruit; situé juste sur la rue, il diffusait à l'envi les décibels des camions, des bus et des voitures qui fonçaient à toute allure sous les fenêtres. Joli tableau en vérité ! Je trouvais cela drôle. Laure moins. Au début. Puisque finalement, devant le constat d'une telle désolation, nous nous sommes retrouvés dans plusieurs rires "auto-dérisoires".

Après quoi, nous avons commencé notre travail de recherche concernant le véhicule que nous voulions acheter pour terminer notre voyage en Amérique du sud. Dans un garage, un vendeur nous a fait un premier topo sur ce qui (à sa connaissance) était nécessaire à un étranger pour acheter une voiture. Ce qu'il vendait était malheureusement trop cher pour nous et nous avons dû changer de crémerie. Nous n'avons plus rien trouvé ce jour-ci. Le soir venu, Zuzana et Filip nous ont réservé un accueil triomphal dans leur superbe trois étoiles (avec piscine). Et c'est là que nous nous sommes difficilement séparés de ce charmant couple que nous ne doutons pas de revoir au cours de notre voyage (pour les besoins de la photographie - voir leur site -, ils sont sans cesse sur les routes).

Le lendemain, une quinzaine d'autres garages. Quelques modèles se sont détachés. Dont un, mais qui avait changé quatre fois de propriétaire en 3 ans ... un petit doute. Après verification, deux endossements de papiers avaient été faits aux noms d'établissements chargés de revendre la voiture. Nous avons fait le tour du véhicule ... le moteur presque neuf (d'aspect) ... le chassis sans une seule trace de rouille ... nous avons tapé un peu dessus pour voir si tout tenait ... nous avons ensuite pris un peu la route ... ah, un léger trou dans le silencieux ... pas grave, mais à contrôler ... bref, nous avons analysé. Enfin, nous avons demandé une révision complète du véhicule pour le lendemain, afin de savoir exactement ce qu'il en était. Mais d'ores et déjà, sauf élément nouveau, nous étions décidés à acheter cette Fiat Uno injection de 2001, avec 78'000 au compteur à un prix assez doux. Une bonne affaire en fait, considérant que les voitures sont étonnamment beaucoup plus chères en Amérique du sud qu'aux Etats-Unis ou en Europe (et encore, le Chili est le pays avec le plus grand parc de véhicule du sud du continent, avec le Brésil, donc celui où les prix sont le plus bas). Au cours des deux jours qui ont suivi, nous avons fait le tour des bureaux administratifs afin de pouvoir procéder à l'achat. La police internationale, pour savoir comment passer la douane avec une telle voiture sans être ennuyés (l'obtention du permis de circulation prend 20 jours et nous ne voulions pas attendre tout ce temps à Santiago sans rien faire). Mais nous savions également qu'il devait être possible de passer la frontière avec la demande officielle du permis (nous en avons eu confirmation). Le registre civil, pour deposer la demande de permis de circulation et obtenir le papier provisoire.

 
 
 
 

 

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