Nous ne savions presque rien de l'Uruguay avant d'y poser le pied. Quelques lieux communs tout au plus, comme le fait qu'il a longtemps été décrit comme "la Suisse de l'Amérique du sud". Il aurait fallu nous expliquer cette appellation pour que nous y saisissions quelque chose. Maintenant encore, nous doutons de ce qu'elle peut bien signifier. Parle-t-on de richesse relative ? De la proportion habitants/têtes de bétail ? D'une position "neutre" dans la politique de toute cette partie du monde (et j'insiste dans ma comparaison en parlant de politique, et non d'économie ...) ? Tout cela ensemble ? Aucune réponse ne s'est détachée jusqu'ici et je crains qu'il en demeure ainsi. Si au moins, comme c'est le cas au Costa Rica, il y avait ici une chanson populaire qui fasse et explique cette association. Mais non, il n'y a rien. En dehors de cela, nous avions profité de notre passage au Paraguay, quelques mois plus tôt, pour glâner quelques éléments d'histoire : les Jésuites avaient fondé une ville sur les flancs du Rio de la Plata dès 1624 déjà; les Portugais, les Espagnols, les Anglais s'étaient souvent affrontés au cours des siècles pour le contrôle des biens de contrebande traversant depuis la magnifique Colonia del Sacramento jusqu'à la toujours puissante Buenos Aires; les habitants originels du pays (les Charrúa), des ethnies reliées aux Guaranis du Paraguay avaient systématiquement été éliminés par les Espagnols, jusqu'à une extinction quasi-complète; José Artigas, un chef révolutionnaire, avait lutté à partir de 1810 pour l'indépendance de l'Uruguay. Il s'était exilé après sa défaite de 1820 au Paraguay. Il y était mort en 1850, après avoir vu l'oeuvre dont il est tenu pour être le père s'achever (l'indépendance de l'Uruguay avait été proclamée en 1828); entre la fin du 19ème et le milieu du 20ème, le pays avait connu une période incroyablement faste, durant laquelle il était devenu l'un des plus riches du monde; plusieurs crises économiques l'avaient ensuite plongé dans une période d'inflation massive; l'histoire s'était alors répétée comme si souvent sur le continent : importants mouvements sociaux, réaction du pouvoir en place, mise à contribution de l'armée, interventionisme des Etats-Unis, avènement des militaires au pouvoir et mise en place de la dictature; puis retour à la "démocratie dès le milieu des années 80, relative stabilité générale jusqu'au tournant du siècle, et enfin vertigineuse chute de l'économie en 2001, provoquée par l'effondrement argentin, dont l'Uruguay était presque totalement dépendant. Point. C'était tout. Restait, au niveau de la pratique, que c'était le pays où vivait la cousine de Laure, ainsi que son fils, et cela suffisait pour que nous n'ayons aucune hésitation à nous y rendre, quand bien même il n'y aurait eu aucune autre attraction là-bas. Ce qui n'était d'ailleurs pas le cas.

Ceci dit, où en étions-nous restés après le récit de notre croisière ? Débarqués le dix janvier, nous avions fait nos adieux à Mercedes, à Albert et au bateau. Nous nous étions ensuite rendus de Valparaiso à Santiago et nous étions mis en quête d'une chambre pour les quelques jours que nous allions devoir passer dans la ville. Nous n'avions pas tardé à nous rendre compte que le Chili était de loin le pays le plus développé que nous avions visité depuis que nous avions quitté le Canada. Les prix des hôtels s'en ressentaient. Finalement, nous avons trouvé quelque chose en accord avec le budget. Mais quel changement après le luxe de notre cabine avec vue sur Princess. C'est simple,

 
 
 
 

 

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