délabrée d'un vieux couple de Laotien.
Lorsqu'ils nous ont entendu parler français,
ils nous ont fait la grâce d'une conversation dans la langue de Molière.
Immédiatement, nous avons su que le patron était
un ancien champion local de badminton et qu'il jouait
encore de temps à autres sur le court de la préfecture,
situé presque en face de la guesthouse. Vincent
et moi nous sommes regardés en coin : depuis
que j'avais quitté la BCV, nous ne cessions de
nous envoyer des pointes relative au jeu de l'autre.
Déjà au Brésil, nous avions manqué
de pouvoir faire un match ensemble. C'était désormais
une chose entendue, nous échangerions quelques
volants au Laos !
Nous sommes demeurés trois jours dans la petite capitale. Nous voulions y faire émettre nos visas pour l'Inde ou pour la Chine, mais la mauvaise volonté d'un des consuls et le nouvel-an chinois ont empêché que nous menions à bien cette démarche administrative. Nous n'avons cependant pas perdu notre temps puisque cette ville située sur les bords d'un des fleuves les plus puissants d'Asie
possède des attraits indéniables. En premier lieu, une esplanade fort agréable, bien qu'un peu poussiéreuse, et qui s'anime, passées dix-neuf heures, de toute une foule de locaux qui viennent ici se restaurer au soleil couchant et devant le spectacle des enfants jouant dans l'eau. Deuxièmement, le plus grand marché du pays dont les couloirs labyrinthiques recèlent de trésors ou de babioles provenant de toute l'Asie du sud-est, et en particulier de magnifiques soies. Et enfin, les différentes architectures de la ville qui vont de la maison en teck aux constructions héritées des "conseillers" soviétiques qui ont précédé l'ère démocratique. Entre nos différentes visites, nous sommes parvenus à nous faire accepter par
les membres du club de badminton de la préfecture qui nous ont par deux fois invités à jouer sur leur terrain. Notre "vieil" hôte s'est joint à nous le second soir et nous avons pu constater qu'ici, les anciens champion mènent encore bien le jeu : nous nous sommes fait ratatiner en bonne et due forme ! De quoi nous faire ravaler nos sarcasmes sur le jeu de l'un ou de l'autre. Face à ces petits laotiens, jeunes et plus âgés, nous étions des pives ... rien de plus.
Le choix de notre destination suivante était
tout tracé puisque Vang Vieng est l'un des lieux
incontournables du tourisme dans le pays. Sa végétation
tropicale humide, ses rizières, ses formations
karstiques et ses rivières attirent les backpackers
depuis longtemps. C'est peut-être aussi l'inconvénient
de ce bourg qui a été surnommé
le "Khao San Road" laotien pour son côté
réserve à touristes. Néanmoins,
le fait que les locaux n'hésitent pas à
prendre eux-même du bon temps avec les visiteurs
contribue à créer une ambiance générale
agréable qui ajoute au charme naturel de l'endroit.
C'est du reste ce que la plupart viennent rechercher
ici : du calme, de la relaxation, dans un