Malgré les quatre millions de visiteurs qu'elle reçoit chaque année, la Nouvelle-Zélande reste relativement peu connue des Européens. Mis à part les Anglais et les Allemands, les touristes du vieux continent représentent une partie infime du total des voyageurs d'agréments. La tendance a semble-t-il changé depuis que le monde entier a pu observer les paysages d'ici au travers de la trilogie Le Seigneur des anneaux. De plus en plus de personnes, et spécialement des jeunes, sont attirés par ce qu'ils ont vu dans le film. Pourtant, la petite lucarne de Jackson n'a saisi que quelques endroits; symboliques certes, mais simplistes. Assez pour qu'un guide présentant les sites du tournage soit édité, et cependant tellement réducteur. J'avoue que nous nous sommes également fait prendre par la pellicule. Avant que nous ne découvrions le premier épisode en Suisse, nous ne savions presque rien de la Nouvelle-Zélande : les Alpes du sud et le ski, le vin, la laine, les opossums et la destruction des forêts, ... et c'est à peu près tout. La projection des images d'ici sur le grand écran du Capitole nous a ouvert d'autres perspectives. Qu'elles étaient pauvres, si on les mesure à ce que nous avons effectivement trouvé ! Nous avons été submergés par des océans de verdure, avalés par la profondeur de fjords aux eaux noires, recrachés par d'immenses langues glaciaires, transportés par d'énormes rivières jusque dans des bassins sulfureux, élevés à la hauteur des volcans par le jet des geysers, jetés à la mer après avoir dévalé une piste enneigée, échoués sur une plage de sable fin, remis dans les flots par des terrains inondés, soulevés par les vents marins et déposés sur une immense chaîne alpine. Et s'il n'y avait que cela ! Tu l'as compris, ce pays est synonyme de nature et d'aventure. Tout y est simple. Facile. Sécure. Abondant.

Nous sommes partis de Papeete le seize juin à huit heures du matin sous un soleil radieux. Lorsque nous avons atterri le dix-sept à midi, après quatre heures de vol, le ciel était noir et il pleuvait dru. Comme si lui-même faisait le deuil de cette journée de vie perdue ... Nous avons récupéré nos bagages et sommes passés au filtre de la douane néo-zélandaise. Nous avons dû tout déclarer : aliments, équipement de camping, chaussures, etc. Un paquet de lait en poudre sans label a été confisqué. Notre tente a passé en service de décontamination. Mais plus d'ennuis que cela; un soulagement, après ce que nous avions entendu sur cette frontière ! Depuis l'excellent office du tourisme de l'aéroport, nous avons réservé nos lits au backpack "Kiwi International". Nous avons été soulagés (Laure spécialement) quand nous avons constaté que notre chambre avec salle de bain possédait un chauffage. Il faut dire que l'air, en plus d'être humide, était vraiment frais. Bref, notre attente du frère de Laure (qui nous rejoignait depuis la Suisse cinq jours plus tard) s'annonçait agréable. Quelques thés, une visite au supermarché chinois du coin et nous nous enfoncions sous un épais édredon, doublé de nos sacs de couchage. Les changements de climat fatiguent, paraît-il.

 
 
 
 

 

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