Si je dis Tahiti, Bora-Bora,
vahinés, à quoi penses-tu ? Si tu n'y es
jamais allé, tu devrais avoir des images de cocotiers,
de sable blanc, de lagons bleus, d'îles aux reliefs
doux ou inexistants, etc. Et une partie de tout cela correspond
à la réalité. Mais brisons un mythe
qui dure : la Polynésie n'est pas une destination
de plage. Il y a certes quelques atolls qui peuvent contenter
les inconditionnels. Mais dans l'ensemble, rien ici n'est
semblable aux Seychelles ou aux Maldives. Cela tient au
fait que la grande majorité des îles sont
les cônes émergés de gigantesques
volcans. Il est vrai qu'on peut trouver ça et là
quelques bandes de sables intéressantes. Mais ce
ne sont pas elles qui font le charme de ces terres. Car
ce qu'elles inspirent n'est pas la langueur d'un après-midi
de bronzette, mais la sueur d'une expédition dans
les sommets ou le frisson d'une plongée parmi les
requins. C'est peut-être précisément
dans les contrastes colorés des pics noirs et acérés,
de l'intense végétation tropicale et de
la pureté du bleu des eaux qu'il faut considérer
ces splendeurs. De gigantesques émeraudes brutes
s'échappant de leur satin azur. Quelque chose d'unique,
il est vrai. Mais où il s'agit de partir informé
si l'on ne veut pas risquer les (mauvaises) surprises.
Nous avions résolu de nous éviter
tout désagrément. En calculant nos dépenses
potentielles, nous nous étions rendus compte que
le fait de voyager en indépendant en Polynésie
n'est pas forcément une option bon marché.
Les campings ne sont pas légion et leurs tarifs
découragent. Pour ce qui est de la nourriture,
les prix sont un peu supérieurs à ce qu'on
trouve en Suisse; sauf concernant quelques produits détaxés,
subventionnés ou abondants (riz, farine, huile,
thon). Alors que nous étions encore à Santiago,
nous avions fait le tour des solutions possibles et avions
remarqué que la compagnie Princess proposait des
circuits polynésiens presque à l'année.
En comparant notre budget et les offres de dernière
minute, nous avons constaté qu'effectuer une croisière
de dix jours passant par cinq îles plus l'une des
îles Cook nous permettait d'économiser au
bas mot trente pourcent par rapport au voyage "sac
à dos". C'est la raison pour laquelle nous
avions directement réservé depuis le Chili.
De plus, nous n'avions ainsi aucun soucis d'horaire, de
recherche de lieu pour dormir ou manger, de moyens de
transport, etc. Tout était planifié et défini
dans le programme de Princess. Nous devions juste nous
occuper durant un jour et demi avant l'embarquement, et
durant quatre jours après.
Le vol ayant eu près de deux heures
de retard, nous sommes arrivés vers une heure du
matin à l'aéroport de Papeete. Il était
trop tard pour prendre un transport vers le centre et
il ne valait pas la peine de prendre un hôtel pour
ce qu'il restait de la nuit. Nous avions résolu
de dormir sur nos sacs dans un coin du bâtiment
et de nous mettre en quête d'un logement le lendemain
seulement. Après avoir passé l'immigration,
alors que nous cherchions un lieu tranquille, nous nous
sommes aperçus que nous étions attendus.
Daniel (que nous avions rencontré sur l'île
de Pâques) était là, tout sourire,
avec deux magnifiques colliers de fleurs dans les mains.Ils
s'est empressé de nous les porter au cou, tandis
que nous essayions de nous remettre de notre surprise
de le trouver là. C'est une joie intense  |